Tendresse
Il est des moments de grâce où des petits riens suffisent. Une soirée qui efface une semaine épuisante. Malgré la fatigue qui pèse sur le corps, l’esprit qui se libère. Une musique dépaysante, et ses pensées s’envolent. Elle imagine de grands canapés confortables, une lumière tamisée, où elle se laisserait aller. Parmi la foule, la conscience de sa présence, rassurante. Un peu ici, un peu ailleurs. Il lui glisse quelques mots à l’oreille, elle sourit.
Il passe son bras autour de ses épaules, l’attire vers lui. Elle se raidit, imperceptiblement, un peu déséquilibrée, un peu interdite. Mais contre lui, elle pose sa tête sur son épaule. Elle ferme les yeux, reprends son souffle. Elle regarde autour d’elle, réalise. Il lui caresse le bras, elle se sent bien, blottie là. Elle n’ose plus bouger. Le monde s’agite ; le temps s’arrête.
Elle sent les regards se poser sur eux, se dit qu’elle s’en moque. Elle passe sa main dans son dos, doucement. Chaleur. Elle ose à peine le regarder, de peur de rompre le charme.
Il se redresse. Fin de la chanson. Elle ne sait plus vraiment que penser. Il a repris le cours de sa vie.
Elle se dit qu’il est beau quand il est heureux. Qu’il rayonne, qu’il irradie de ce feu intérieur qui le rend invincible, qui le consume. Elle se dit que tout devrait être toujours comme ça, quand on arrête de réfléchir, qu’on vit simplement l’instant.
Au pied de tes remparts, je ne fais pas le siège ; j’y ai posté un guetteur, qui veille. Et sous ta porte j’ai glissé une note : « Si tu as besoin de moi, je ne suis pas très loin ».