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Noël à facettes

29 décembre 2009

La chaleur d’un Noël sous la neige, retrouver ma famille. Appréhensions envolées, juste apprécier ces moments. Souvenirs d’enfance, lorsque je croyais encore.

Envolée de papillons, excitation, les papiers multicolores dévoilent leurs trésors, le père Noël est passé. Chaos au milieu des rires sonores.

Deux par deux ; assise en bout de table. Voir les visages qui ont changé, voir sous les masques. Les caméras tournent, chaque facette de cette scène exposée. La vérité crue.

Elles m’explosent au visage.
Celle qui réalise que ses enfants sont des adultes, qui reporte sur ses petits-fils ses envies de ne pas les voir grandir.
Celle qui bouffie de ses kilos qui s’accrochent pouponne désespérément en se plaignant que lui mate des chattes sur internet. Poésie. Au moins elle a lâché son chien miniature qui ne quittait pas ses genoux.
Celle qui élève ses enfants seule alors que son militaire de mari ne parle que de mission au Tchad. Chacun dans sa bulle.
Celle qui s’est transformée en pondeuse, univers réduit à ses enfants et à un élevage de vaches laitières. Et lui éteint, fatigué.
Celle qui a fait un bébé pour compenser, par peur de regretter, pour sauver son couple. Que d’espoirs. Épanouie et perdue, privée de tendresse et d’amour. Je la serre fort contre moi ; je t’aime, petite sœur. Je regarde ce petit être qui me sourit et je m’attendris ; que ta vie soit belle, petit cœur.
Celles qui ont perdu leurs illusions. Je ne les envie pas.

4h du matin. Confessions.

J’ai confronté le spectre de mes terreurs enfantines. Je l’ai regardé droit dans les yeux. Il a pris un coup de vieux. Il ne me fait plus peur, il est presque pathétique. Les rôles sont inversés, j’ai envie de le secouer, de lui dire d’arrêter de victimiser, de reconnaître ses erreurs et d’avancer. Il n’est jamais trop tard.

Pêle-mêle de photos de famille. Cousins, cousines, parents proches ou lointains, d’ici et de là-bas.
Il ne manque que ma photo. Mais moi je sais que j’ai fait la paix avec moi-même. Ce vide de mon enfance, cette réalisation très tôt de ce décalage avec ceux qui m’entouraient, m’ont donné des ailes pour me libérer, l’envie de construire ma vie, une vie qui me ressemble ; la volonté de me confronter à l’inconnu, de découvrir ce qui se passe ailleurs, de me découvrir. Mes failles sont mes forces.

Sois fier de moi, aime celle que je suis devenue. Pardonner ? Mais pardonner quoi ? Il n’a rien compris à ce que je lui ai dit.

Si j’avais des doutes, la tentation parfois de céder à la facilité, ils se sont envolés. Un peu moins naïve, un peu plus lucide, mais plus sure de moi que jamais.

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