Ce soir, on sort
Lorsque je suis arrivée à Paris (quoi ? 10 ans déjà ?), j’avais la tête pleine de ces noms de salles de spectacles parisiennes à l’aura parée du passage de tant d’artistes connus. Ces noms en gros et en gras en haut des affiches. Je m’imaginais … mais quoi au juste ? De grandes salles illuminées, fabuleuses, magiques.
Je suis tombée de haut.
C’était de toutes petites salles de rien du tout ! Mi-nus-cules. Parfois juste des bancs de bois autour d’une scène de bric et de broc. On pouvait en rentrer au moins une dizaine dans la salle des fêtes où ma sœur dansait pour le gala de fin d’année de son école !
Première impression passée, je dévorais des yeux le décor, m’imprégnais de l’ambiance chargée d’histoire des lieux, et la magie revenait. Les murs s’écartaient, mon âme se réjouissait, magique je vous dis.
Finalement, ces petites salles, elles ont aussi leurs avantages. Voir, là, à quelques mètres de moi, se produire un comédien célèbre ou un humoriste en devenir (de célébrité), j’adorais. J’adore toujours.
J’ai vraiment du mal avec les diffusions TV de pièces de théâtre ou de one-(wo)man-shows, les enregistrements de concerts ; non, moi il me faut le sang, la sueur et les larmes. Baigner dans l’atmosphère (“Atmosphère, atmosphère … est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?“).
Dernière découverte en date : le théâtre de 10 heures. CQFD. Réplique en miniature des salles de mes rêves. Au dernier rang, calée dans mon fauteuil de velours rouge, vue parfaite sur la scène.
Bouclez vos ceintures, c’est parti !
Un peu plus d’une heure de rires avec Isabeau de R (c’est trop couuuuuuuuuuuurt !), et voilà une excellente thérapie pour ce que j’ai. Quelques extraits ici.
L’hôtesse d’accueil : “Une enquête sur la bite à Urbain ? Désolée, y’a personne avec ce nom là ici …”
En tailleur jpeg (JP Gaultier, of course), elle croque les particules (et je ne parle pas de physique quantique), le monde des affaires (mince, les conversations téléphoniques en anglais, ça me rappelle quelqu’un !) tout en parlant de cul (la leçon de jardinage à l’attention des dames et demoiselles ne manque pas de piment !).
“Si vous avez aimé, bouche-à-oreillez-moi”.
Voilà, c’est fait. Avec grand plaisir.
“Ding”.
Atterrissage parfait. Applause.
