Le ciel pleure
“Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !”
Extrait de “Il pleure dans mon cœur” (Paul VERLAINE)
Tisser un pont entre les mondes, les yeux mi-clos, la tête ailleurs. Elaborer mille scénarios, jouir de leurs saveurs. N’être que pure énergie, que pure douceur.
Crier de tout mon cœur pour exorciser mes peurs. Sans un bruit, pour ne pas troubler la nuit. M’abandonner à mes pensées impies, enveloppée dans une chaude torpeur. Frissonner de désir, et le déclarer vainqueur.
Ces heures étrangement calmes d’avant l’orage, chargées d’électricité, me mettent les nerfs à fleurs de peau.
Un éclair de lumière déchire le ciel, comme un coup de poignard annonçant le déchainement des éléments. Premier avertissement. Coups de tonnerre, première gouttes d’eau, comme une délivrance.
Bras tendus vers l’infini, pleurer et rire sous la pluie qui s’abat sur moi, comme dans un sabbat dont je serais la grande prêtresse. M’oublier dans cette danse folle, sacrifiée sur l’autel de mes propres choix.
Je suis une écorchée vive.