Chats des villes et chats des champs
Mes bons gros matous de mon enfance attrapaient des souris, des rats aussi gros qu’eux, des écureuils ou des oiseaux. Qu’ils déposaient devant la fenêtre, attendant nos félicitations. Fiers félins de la campagne, les champs et la forêt étaient leurs terrains de chasse.
Ils arboraient les cicatrices de ces luttes pour la survie ; et de leurs bagarres de territoire aussi.
Ma louloutte règne en maître sur mes quelques m2 de pelouse. Gare à l’impudent qui ose s’y aventurer ! Les cadavres de papillons de nuit sont là pour en témoigner. En tous cas ceux dont les chenilles ont échappé à ses griffes manucurées. Mouches gobbées, je n’achète plus d’anti-moustiques. Et elle me ramène fièrement ses trophées : feuilles mortes, bouts de plastiques égarés ou plume volée à un intrépide volatile.
Et lorsqu’il pleut, elle met le bout de son nez dehors, tente une patte, et se retourne vers moi en protestant bruyamment ; je fais la pluie et le beau temps dans son univers. Intrépide, elle ne recule pas devant la force des éléments. Mais une fois mouillée, elle rentre se planter devant moi, et me regardant droit dans les yeux, m’assène un “miaou” bien senti. Honte sur moi …
C’est beau l’instinct sauvage …
Qui va ramasser les feuilles dans mon salon maintenant ?