Je revendique le droit d’exister (*)
Le plus court chemin est celui qui va en ligne droite. Certes, mais ce n’est pas drôle.
En même temps, si et quand j’ai décidé quelque chose, et que ça me tient vraiment à cœur, plus rien ne m’arrête. Comme qui dirait, lorsque j’ai une idée en tête, je ne l’ai pas ailleurs. Têtue? Hum … obstinée. Bornée. Mais pas inébranlable. Pour peu que vous ayez les bons arguments. Ah! L’art de la rhétorique …
Quoiqu’il en soit, j’aime prendre les chemins des écoliers. Les autoroutes des pensées toutes rectilignes m’ennuient. C’est d’une monotonie … pfiou. Quitte à faire fonctionner mes petits neurones, autant prendre le temps de contempler le paysage. Faire une pause en bord de route, vérifier l’itinéraire. Puis décharge d’adrénaline oblige, brusque accélération (histoire de rattraper le temps perdu, et tant qu’à faire, prendre de l’avance). Traînasser dans les sentiers tortueux, couper par des raccourcis hasardeux en pleines broussailles, se frayer un chemin dans la jungle des « mais, si, pourquoi .. » et foncer dans la dernière ligne droite. Me donner à 150% à la dernière minute, exaltée par la victoire future.
Le pire, c’est que ça marche.
Je ne perds jamais le nord. Je me perds en apparence, mais je finis toujours par arriver à destination.
Ni lièvre ni tortue. Une chimère.
Pourquoi remettre au lendemain ce qu’on peut faire aujourd’hui?
Parce que.
Parce qu’aujourd’hui, je n’ai pas envie. Et que j’exerce ainsi (aussi) ma liberté. Ma petite rébellion personnelle contre toutes les contraintes qu’on nous impose, ma compensation pour toutes les fois où je n’ai pas le choix.
Que je ne fonctionne jamais mieux que dans l’urgence.
Que mes hésitations de la veille ont néanmoins fait fonctionner mon cerveau, et que tout à coup, la lumière se fait. C’est clair et net dans mon esprit. Tout s’ordonne et prends place avec une limpidité déconcertante. Y’a plus qu’à. Comme si ma mémoire interne avait travaillé à l’insu de moi-même, dans l’ombre, et me servait le tout sur un plateau.
Tendue comme un arc, ne vous risquez pas à vous mettre sur mon passage : je mords. A l’abordage! Sabre au clair et cheveux au vent, démarche de JI Jane, me voilà!
Pourquoi vouloir tout planifier, ordonner, régenter? Ça tue la créativité. Engendre la routine. Vade retro! Place à l’impulsivité, aux coups de cœur, aux envies, aux surprises!
Ne me demandez pas où je pars en vacances. Je ne sais pas moi-même. Ni quand d’ailleurs. Je vous le dirai quand je le saurai. Et peut-être d’ailleurs que je ne partirai pas.
Poussez moi et je recule. Insistez et je me braque. Si je n’adhère pas, abandonnez. Conseil d’amie.
Quoique, si vous me prenez par les sentiments … prête à tout pour ceux que j’aime. Mais ne me prenez pas pour une “c…”, je ne le supporte pas. Et je peux devenir méchante. Ne riez pas, c’est vrai, j’en suis capable. Même si ça me coûte et que je risque de m’en vouloir après.
Ce qui est simple me paraît trop simple. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Parce que.
Parce que c’est écrit dans mes gênes. Mon ADN en double hélice (normal) doit être particulièrement emberlificoté. A croire qu’il a des boucles en trop. Ou alors c’est mon ARN qui encode mal. Allez savoir.
Je suis pleine de contradictions. Et j’assume.
Qui m’aime me suive. Mais surtout, qui peut.
(*) Oui, Chef! Il se reconnaîtra … ;)