Tendresse

2010 février 6
par Karine

Il est des moments de grâce où des petits riens suffisent. Une soirée qui efface une semaine épuisante. Malgré la fatigue qui pèse sur le corps, l’esprit qui se libère. Une musique dépaysante, et ses pensées s’envolent. Elle imagine de grands canapés confortables, une lumière tamisée, où elle se laisserait aller. Parmi la foule, la conscience de sa présence, rassurante. Un peu ici, un peu ailleurs. Il lui glisse quelques mots à l’oreille, elle sourit.

Il passe son bras autour de ses épaules, l’attire vers lui. Elle se raidit, imperceptiblement, un peu déséquilibrée, un peu interdite. Mais contre lui, elle pose sa tête sur son épaule. Elle ferme les yeux, reprends son souffle. Elle regarde autour d’elle, réalise. Il lui caresse le bras, elle se sent bien, blottie là. Elle n’ose plus bouger. Le monde s’agite ; le temps s’arrête.

Elle sent les regards se poser sur eux, se dit qu’elle s’en moque. Elle passe sa main dans son dos, doucement. Chaleur. Elle ose à peine le regarder, de peur de rompre le charme.

Il se redresse. Fin de la chanson. Elle ne sait plus vraiment que penser. Il a repris le cours de sa vie.
Elle se dit qu’il est beau quand il est heureux. Qu’il rayonne, qu’il irradie de ce feu intérieur qui le rend invincible, qui le consume. Elle se dit que tout devrait être toujours comme ça, quand on arrête de réfléchir, qu’on vit simplement l’instant.

Au pied de tes remparts, je ne fais pas le siège ; j’y ai posté un guetteur, qui veille. Et sous ta porte j’ai glissé une note : « Si tu as besoin de moi, je ne suis pas très loin ».

Simplement

2010 janvier 11
par Karine

Allongée sur le canapé, une couverture jetée sur les jambes, la tête calée par des oreillers, je pense.

La télévision n’est plus qu’un bruit de fond qui me berce.

Chat saute sur mes genoux ; chaleur qui se diffuse dans mon corps. Caresses qui font naître une lente vibration qui se fait ronronnement et se propage en moi.

Un thé fumant, odeur fruitée et sucrée qui se répand. Un bon livre à portée de main.

Fermer les yeux, s’abandonner. La lumière de la lampe diffuse à travers mes paupières, petit soleil qui me réchauffe le visage. Mes pensées s’égarent, mon esprit s’évade.

Froid dehors, chaud dedans. Je suis bien.

Simplement.

A nouveau

2010 janvier 10

Je l’aime plus que je n’ai jamais aimé personne.
Ces mots ne se disent pas à la légère. Un aveu. Un engagement. Un soulagement. Un bonheur.

Derrière la souffrance, la paix. Derrière la violence, la joie.
Pouvoir dire les choses comme elles sont et les vivre.

Tu fais vibrer mon cœur, tu fais vibrer mon âme, tu fais vibrer mon corps.
Merci à toi d’exister.

Cesser de me justifier. Pourquoi rendre compliqué ce qui est si simple ? J’aime tout de lui.
J’ai vu son côté lumineux, sa force, et j’ai sourit. J’ai vu ses côtés sombres, ses failles, et j’ai eu peur.
J’ai eu confiance.

Je me suis réveillée une nuit, il y a quelque mois de ça, et j’ai prononcé tout haut les mots interdits.
Ils ont rebondi autour de moi dans le noir et m’ont percutée de plein fouet.
Révélation.
Je l’ai intégré à ma vie, ce petit plus qui n’appartenait qu’à moi. Mon étincelle.
Elle s’est embrasée dans les vents contraires et je m’y suis brûlée. Fardeau qui n’aidait personne, ni lui, ni moi.
Apaisée, je la sens à nouveau au fond de moi.

J’ai décidé de m’en réjouir. D’en faire l’essence de mes journées.
On ne peut pas souffrir de tels sentiments ; on ne peut pas s’en plaindre. Pas plus que je ne peux les nier.

Être heureuse. A nouveau moi-même.

Plus que jamais

2010 janvier 4
par Karine

De l’autre côté du miroir, les mêmes questionnements, les mêmes doutes, les mêmes envies. On se ressemble tellement ; c’en est effrayant.

Si proches et si distants. Je m’y suis un peu perdue.

Me libérer ? Avec toute la violence d’un esprit torturé.
L’animal blessé se retourne contre la main tendue. Incompréhension. Prise de conscience ; le laisser panser ses plaies. Être là quand il en a besoin.
Je ploie, à la limite de la rupture. Privée de ce jardin secret où je pouvais tout dire, tout oser. Il me manque.
Retrouver mes repères.

Des mots qui repoussent, des mots qui apaisent. Sourires. L’essentiel est toujours là.
Dualité. Paradoxe.
Mais plus que jamais, je sais.

Elle m’a dit « tu es pleine d’amour ». I wish you could see it.

Dark

2010 janvier 2
par Karine

Pas bien ? Tout le monde s’en fout.
Surtout, surtout, ne pas faire chier. Chacun sa merde.
Évite de t’écrouler quand même, ça serait gênant.
Nul n’est indispensable. C’est peut-être vrai en final. Ou je fais partie du paysage, on ne me voit plus ; à force de prendre sur moi, on ne s’attend pas à une défaillance, que moi aussi, je puisse avoir mes limites.

Ce que tu fais, c’est pour toi que tu le fais, ne t’attends pas à ce qu’on te rende la pareille.
Je ne sais plus à quoi me raccrocher ; j’abîme tout ce que je touche.

Tout s’écroule. Tout me glisse entre les doigts.
J’ai pris le risque d’abaisser mes remparts et mes vieux démons s’y sont engouffrés.

Le bonheur m’échappe, inéluctablement. Je me débats pour tout maintenir à flot. Je lutte pour maintenir une cohésion. La théorie du chaos en action.
Impuissante face à des forces au-delà de moi.

Marche ou crève. Mais si j’en ressors sans envies, sans rêves, sans ambitions ?
A terre.
Je pourrais disparaître et je serais bien vite oubliée.

Révolte

2010 janvier 2

Pourquoi parler de sacrifice lorsque l’amour devient dépassement de soi ?

Lorsqu’il est si fort que son propre bonheur dépend du bonheur de l’autre. Que l’on croit en lui quoiqu’il arrive, que l’on reste lorsque les autres fuient, que l’on donne son soutien inconditionnel, que l’on ne cherche pas à profiter de ses faiblesses.

Jette-toi par la fenêtre, je t’empêcherai de tomber.

Mais ce n’est pas un sacrifice. On le fait pour l’autre et pour soi, parce qu’on ne peut pas concevoir qu’il en soit autrement. Qu’il est impossible de rester là, à ne rien faire.

If it will kill you, it will have to kill me first.

Ce n’est qu’une autre forme d’amour. La plus pure, dépouillée. L’acceptation du renoncement de ce qui a été pour ce qui est.  L’espoir que ce qui en sortira sera meilleur, quoi qu’il soit, et qu’on pourra se regarder en face.

Dans le feu et les larmes, la tendresse et le réconfort, trouver la paix.

Quand l’autre vaut la peine de se battre pour lui, de se battre avec lui.

Mais je ne peux me battre contre lui

Happy New Year!

2010 janvier 1
par Karine

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années; on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau: renoncer à son idéal ride l’âme.
[ ]
Douglas MacArthur

Final countdown

2009 décembre 31
mots-clés :
par Karine

Je sais pourquoi je ne veux plus mettre de signification particulière à ces dates spéciales, ces fêtes programmées où l’on se doit de faire la fête, d’être heureux.

A y mettre tant d’attente, le risque d’être déçu est fort. Certains en profitent vraiment, d’autres se forcent à mettre le masque de la joie, se noient dans l’alcool ou se cachent dans un coin ; vœux sincères et vœux forcés, mais vœux de rigueur. Du bout des lèvres ou du fond du cœur.

Il suffit d’un rien. Il suffit d’observer.

Ma grand-mère qui nous quitte à quelques jours de Noël, mon petit ami qui rompt la veille de mon anniversaire … ça ne s’oublie pas.

Il est plus dur encore de souffrir en silence dans ces moments ; la solitude n’en est que plus lourde à supporter.

Je les prends comme elles viennent, une occasion de voir des gens que j’apprécie, de remercier ceux que j’aime. Ou alors je les transforme en découverte d’autres lieux, d’autres gens. Et tant pis si la magie n’opère pas, il y aura d’autres jours …

Noël à facettes

2009 décembre 29
par Karine

La chaleur d’un Noël sous la neige, retrouver ma famille. Appréhensions envolées, juste apprécier ces moments. Souvenirs d’enfance, lorsque je croyais encore.

Envolée de papillons, excitation, les papiers multicolores dévoilent leurs trésors, le père Noël est passé. Chaos au milieu des rires sonores.

Deux par deux ; assise en bout de table. Voir les visages qui ont changé, voir sous les masques. Les caméras tournent, chaque facette de cette scène exposée. La vérité crue.

Elles m’explosent au visage.
Celle qui réalise que ses enfants sont des adultes, qui reporte sur ses petits-fils ses envies de ne pas les voir grandir.
Celle qui bouffie de ses kilos qui s’accrochent pouponne désespérément en se plaignant que lui mate des chattes sur internet. Poésie. Au moins elle a lâché son chien miniature qui ne quittait pas ses genoux.
Celle qui élève ses enfants seule alors que son militaire de mari ne parle que de mission au Tchad. Chacun dans sa bulle.
Celle qui s’est transformée en pondeuse, univers réduit à ses enfants et à un élevage de vaches laitières. Et lui éteint, fatigué.
Celle qui a fait un bébé pour compenser, par peur de regretter, pour sauver son couple. Que d’espoirs. Épanouie et perdue, privée de tendresse et d’amour. Je la serre fort contre moi ; je t’aime, petite sœur. Je regarde ce petit être qui me sourit et je m’attendris ; que ta vie soit belle, petit cœur.
Celles qui ont perdu leurs illusions. Je ne les envie pas.

4h du matin. Confessions.

J’ai confronté le spectre de mes terreurs enfantines. Je l’ai regardé droit dans les yeux. Il a pris un coup de vieux. Il ne me fait plus peur, il est presque pathétique. Les rôles sont inversés, j’ai envie de le secouer, de lui dire d’arrêter de victimiser, de reconnaître ses erreurs et d’avancer. Il n’est jamais trop tard.

Pêle-mêle de photos de famille. Cousins, cousines, parents proches ou lointains, d’ici et de là-bas.
Il ne manque que ma photo. Mais moi je sais que j’ai fait la paix avec moi-même. Ce vide de mon enfance, cette réalisation très tôt de ce décalage avec ceux qui m’entouraient, m’ont donné des ailes pour me libérer, l’envie de construire ma vie, une vie qui me ressemble ; la volonté de me confronter à l’inconnu, de découvrir ce qui se passe ailleurs, de me découvrir. Mes failles sont mes forces.

Sois fier de moi, aime celle que je suis devenue. Pardonner ? Mais pardonner quoi ? Il n’a rien compris à ce que je lui ai dit.

Si j’avais des doutes, la tentation parfois de céder à la facilité, ils se sont envolés. Un peu moins naïve, un peu plus lucide, mais plus sure de moi que jamais.

Avec un petit ou un grand A

2009 décembre 14
par Karine

Il y a des amours éphémères, des amours coups de cœur, qui s’envolent comme ils sont venus. Légers, volages.
Il y a des amours aveugles qui se rient du temps ou de l’autre, qui n’existent que pour eux-même. Égoïstes, solitaires.
Il y a des amours fusionnels qui font oublier un peu de soi pour s’enrichir de l’autre. Passionnés. Ou destructeurs.
Il y a tant de façon d’aimer.

Il y a l’amour que l’on porte à ceux que l’on chérit ; celui qui sans frontières nous feraient tout donner pour eux.

Appelez Cupidon, il a dû égarer une flèche par mégarde, ce maladroit. Qu’il vienne la récupérer.

Il y a cet amour que l’on aperçoit dans un regard, qui nous attire à nous y consumer.
Un amour qui pointe le bout de son nez quand on ne s’y attend pas. Un coup d’œil, et zut, je ne le voyais pas vraiment, mais il était là … depuis quand au juste ? Un amour qui se dévoile peu à peu, pudique. Qui se découvre et nous ensorcelle. Lent poison dans les veines. Un amour qui profite de chaque instant, se nourrit de chaque attention, qui fait sourire même quand il fait gris. Un amour qui n’ose se nommer de peur de briser la magie. Mais un amour à partager, un amour qui réchauffe, une présence discrète qui se fait plus pressante parfois. Qui donne envie de découvrir, de s’ouvrir, de donner et de s’épanouir ; comme une part de moi encore inconnue.
Un amour comme fidèle compagnon de voyage.

Il suffit parfois de ne pas seulement regarder. Mais de voir. D’ouvrir son cœur à ce qui nous est offert.

Veille

2009 décembre 9

Sur le qui-vive, aux aguets. Ne dormir que d’un œil ; le corps au repos mais l’esprit en alerte.

Comme une mère louve veille sur ses petits. Le gardien d’un trésor précieux. Le soldat de garde, arme au poing.
Comme un feu qui repousse les ombres, le dream catcher qui filtre les rêves, ne pas relâcher sa vigilance.

Faire un barrage de mes bras, un abri de mon cœur, un cocon de mon corps. Offrir un peu de repos, un peu de chaleur. Quelques heures de répit ; demain, il fera jour.
Être là.

Ce que dit le fou …

2009 novembre 29

Malgré mon chagrin, je ne ressentais pas les regrets qu’engendre la fin d’une aventure ; j’avais plutôt la prémonition du commencement d’une autre. Un frisson me parcourut, comme si le fou en personne se trouvait tout près de moi et me chuchotait à l’oreille :  » Tu ne perçois rien ? Une rupture, un tourbillon ? D’ici, tous les chemins se modifient. »
Je me tournai mais ne vis personne.

Tears in Heaven

2009 novembre 23
par Karine

L’éclat d’un diamant luit fugitivement dans le noir. Une étoile filante égarée dans cette vie.

J’ai tendu la main pour la recueillir, un peu désemparée. Elle s’est posée sur ma peau, chaude et humide. J’ai suivi son tracé sur sa joue, mais je ne l’ai pas effacé.
Elle était sienne. Solitaire.

J’ai serré sa main ; fermé les yeux, un instant.

Cette larme a inondé mon cœur, m’a submergée.

Believe

2009 novembre 1
par Karine

Je n’attends pas, je donne. Sans pudeur. A cœur ouvert.
Je n’attends pas, je prends. Un regard, un sourire, une pensée. Un baiser.

Sentiments mêlés, douceur et violence.
D’un extrême à l’autre, sans conditions, sans concessions.

Je vis l’instant. Je le saisis et le fais mien.
Doutes. En faire trop ou pas assez. Maladroite parfois, mais sincère.

Je suis double.
Je joue mais je ne raconte pas d’histoires, au fond ce n’est que vérité.

Je n’attends rien. Je veux tout.
Question de profondeur.

Maelstrom

2009 octobre 31

Je mesure mon empathie pour ceux que j’aime à l’aulne de ceux qui n’en ont pas.
Je repousse mes limites, à la recherche de ce qui est bien, de ce qui est juste, avec l’espoir qu’il n’en sortira que du bon.

Mon cœur approuve. Mon esprit vacille par instant ; tiraillée.
Mais forte.

J’espère juste que ça ne se retournera pas contre moi.